Apprendre à accepter son stress au quotidien et à gérer ses émotions pour lâcher-prise

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Le stress quotidien

Généralement, nous considérons que les personnes qui éprouvent du stress au quotidien sont également stressées lors des grands événements. Si vous éprouvez des difficultés à faire face aux événements du quotidien, si vous êtes particulièrement sensible aux stimuli environnementaux (le bruit, les odeurs, la foule, etc.) ou bien que vous avez une sorte d’hyperstimulabilité émotionnelle (vous ressentez beaucoup d’émotions, y compris celles des autres), alors il y a de fortes chances pour que le monde extérieur soit pour vous rapidement stressant. Dans une certaine mesure, la sensibilité émotionnelle fait écho à la lucidité envers ses émotions. Certaines personnes sont ainsi très sensibles à leur environnement, leurs sens sont toujours en alerte, et ce plus intensément que la moyenne. Elles ressentent à la fois beaucoup d’émotions pour elles-mêmes et pour les autres. 

Par ailleurs, il est important de savoir que votre sensibilité a un impact sur votre gestion du stress au quotidien. Le stress quotidien, l’accumulation des phases de cogitations, de maux de ventre, d’énervements, sont épuisants physiquement, mais aussi mentalement. Les médecins sont de plus en plus convaincus de l’impact du stress sur les maladies de peau, les douleurs au dos, les algodystrophies ou même certaines blessures. Le corps exprime ce que le cerveau n’arrive plus à réguler. S’il en va de votre sensibilité personnelle au stress, il est primordial de comprendre que vous pouvez aussi développer plus de compétences pour gérer ce stress individuellement. Votre travail, vos voisins, les incivilités dans la rue demeureront ce qu’ils sont, mais votre capacité à faire avec ces éléments peut, elle, être améliorée.

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5 astuces pour travailler le stress à l'entrainement

L’objectif de ce webinar est de vous apprendre à travailler sur le stress de vos sportifs. Nous vous présenterons donc ici 5 outils concrets outils que vous pourrez utiliser au quotidien. Une grande partie de ce webinar sera consacrée à répondre à vos interrogations.

Les symptômes psychosomatiques du stress

Aborder le stress reste complexe parce qu’il est très difficile pour chacun d’entre nous d’assumer que nous stressons. C’est avouer une part de faiblesse. En outre, certains estiment que le stress est bénéfique pour leur vie professionnelle, pour rester motivés. Une idée très répandue dans le monde sportif est, par exemple, que le stress est « positif », dans le sens où il stimule avant l’effort. Vous avez certainement entendu parler également, ou même connu, ces techniques de management par le stress. En effet, sous l’effet du stress et de la pression très autoritaire que l’on exerce sur les salariés, ceux-ci s’avèrent plus productifs. Malheureusement, cette croyance et ces managements sont désastreux. 

Nous savons aujourd’hui qu’il n’existe pas de stress « positif », car les conséquences du stress sont toujours plus négatives que positives. De plus, les conséquences du stress sur le long terme peuvent s’avérer dramatiques pour les salariés qui y sont exposés. Le stress est un facteur d’épuisement émotionnel et physique redoutable. Les premières réactions de stress que les individus ressentent sont ainsi somatiques. Le stress somatique renvoie à la dimension physiologique. Les principaux symptômes en sont : l’accélération du rythme cardiaque, le rythme respiratoire, la tension musculaire, la conductance de la peau, les tensions musculaires, les points à l’estomac, les sueurs froides, les tremblements et, dans les cas les plus avancés, les vomissements. Plus vous êtes stressé, plus vous aurez tendance à ressentir ces symptômes de stress, et ce plusieurs jours avant le début d’un grand événement.

Les symptômes cognitifs du stress

Les symptômes de stress psychologique ou cognitif renvoient aux réactions secondaires de stress. Ce sont toutes les peurs, les pensées négatives qui surviennent face à une situation stressante. Celles de ne pas y arriver, de se faire mal, de décevoir quelqu’un, de ne pas être à la hauteur, les peurs de perdre, d’échouer, etc. À cela, on pourrait ajouter également le changement d’humeur et le bouleversement des émotions. Les personnes « en stress » sont ainsi souvent agressives, irritables, nerveuses, ce qui nuit aux relations avec les autres.

 

Pour bien comprendre ces manifestations de stress, il faut vous dire simplement que votre cerveau reçoit une menace et qu’il fait tout pour vous alerter. Il fait son travail. Si vous nagez dans la mer et que vous voyez un requin s’approcher de vous, votre cerveau va vous alerter et vous envoyer des messages de stress importants. C’est une réaction normale de sa part. Il réagit au danger et protège votre vie. Cette réaction se retrouve chez tous les êtres humains et chez tous les animaux. Elle renvoie au caractère primitif du stress, en tant qu’élément d’adaptation à son environnement. À certains égards, un entretien d’embauche, une conférence, peuvent être comparés à la confrontation avec un requin ! Vous ne jouez pas votre vie sur un entretien, mais votre cerveau peut le croire. Cela dépend de ce que vous mettez dans « cet entretien ». Cela dépend de votre perception de l’enjeu.

Sachez qu’il ne sert à rien de refouler ces pensées négatives, ou de chercher à « ne pas penser à ». Votre cerveau y pensera toujours. Il est également contre-productif de s’attaquer directement aux pensées. Ce qu’il faut viser, ce n’est pas que les pensées disparaissent, mais l’enjeu que vous placez dans cet entretien (ou dans n’importe quelle situation qui vous stresse). C’est votre perception, et la part trop grande de vous que vous mettez dans l’événement, qui induiront les pensées négatives. Il faut donc travailler cette perception.

Le lâcher-prise

Dans cette partie sur la gestion du stress et des émotions, j’ai choisi d’insérer la notion de lâcher-prise. Le lâcher-prise n’est pas une émotion en soi, mais c’est une compétence fondamentale dans la capacité à réguler les émotions. En ce sens, savoir lâcher prise permet de ne pas chercher à contrôler tout ce qui nous entoure. Plus exactement, il s’agit de l’idée d’accepter que l’on ne puisse pas tout contrôler. Celui qui sait lâcher prise peut chercher à anticiper, maîtriser, connaître les événements à venir, mais il accepte également le fait qu’il ne pourra pas tout contrôler. Il restera toujours une part de hasard ou d’erreur. Et il le sait.

 

Dans la vie professionnelle, tout le quotidien est influencé par ce besoin de contrôle : anticiper constamment son emploi du temps, rendre des projets en temps et en heure, organiser le travail et le planning de ses collaborateurs, se tenir constamment au courant de l’actualité, maîtriser les nouvelles techniques, choisir méticuleusement son matériel, le préparer, avoir des routines d’écriture bien en place, anticiper la garde des enfants, se créer un entourage de confiance, contrôler son discours sur les réseaux sociaux et son image, etc.

Dans toutes ces occasions, l’absence de lâcher-prise peut s’avérer un obstacle à la régulation des émotions. Pire, chez certaines personnes, on observe une sorte de « cassure » entre le ressenti corporel et le ressenti psychologique. Les émotions apparaissent confuses. À long terme, cet état de confusion peut entraîner un mal-être profond et des difficultés psychologiques importantes : obsessions, burn-out, addictions, dépression.

 

La régulation de ses émotions

Enfin, la régulation des émotions fait référence directement à votre capacité à rester calme dans les situations contraignantes, à gérer vos accès de colère ou à ne pas vous laisser déborder par les pensées négatives. On parle ici de votre capacité à gérer votre stress et l’ensemble de vos émotions. Vous pouvez ressentir beaucoup d’émotions au quotidien mais, pour autant, savoir les réguler. Vos émotions ne vous dépassent jamais. Quelquefois, il nous arrive de dire de quelqu’un qu’on ne l’a pas reconnu, qu’il n’était pas lui-même dans telle situation. Cela signifie généralement que cette personne s’est laissée dépasser par ses émotions et qu’elle a dit, fait des choses, qui « ne lui ressemblaient pas ».

 

De même, il est important que vous sachiez expliquer vos émotions. Vous devez être capable d’expliquer aux autres comment vous vous sentez, quelles que soient les émotions qui vous traversent : joie, colère, peur, effroi, curiosité, amusement, surprise, etc. Et dire n’est pas chose facile. Car cela vous met face au jugement, éventuel, des autres envers vous. Si vous voulez progresser dans votre capacité à gérer et exprimer vos émotions, il vous faudra donc dépasser cet aspect normatif. Il vous faudra prendre le risque d’apparaître comme faible, vous confronter au jugement des autres. C’est ce qu’une amie et collègue appelle « le risque d’être honnête ».

 

Comme vous pourrez le voir grâce à nos exercices sur la gestion du stress , dire est souvent le premier pas de l’acceptation. L’acceptation est ensuite le chemin vers la régulation. Pour vous convaincre de cela, appuyez-vous sur les entretiens, les conférences de presse des grands acteurs, artistes ou hommes politiques. Vous verrez qu’eux n’ont pas (plus) peur, ils ont dépassé ce cap, parce qu’ils ont vite compris que c’était nécessaire à leur projet. Alors ne vous arrêtez pas aux moqueries des « amateurs », voyez plus loin !

Nos outils

Des exercices ciblés pour apprendre à gérer votre stress

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