Les 10 meilleures astuces en préparation mentale pour les entraîneurs

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Dans cet article, Peu importe votre âge ou votre niveau sportif, nous allons vous proposer 10 concepts clés qui marchent à tous les coups. Ces outils vous permettront d’être plus efficace dans votre quotidien. 

1. Prends des notes !

Ce nest pas une blague ! Apprenez à vos sportifs à avoir un stylo. Apprenez leurs à noter les choses car quand on note les choses, on les mémorise. Ce processus permet de mettre en place une stratégie avec un point de départ et darrivée. Cette technique permet de les rendre plus lucides sur leur niveau à linstant T et quel chemin ils ont à parcourir dans les semaines/mois à venir. Noter permet d’intellectualiser le sport et de le rendre concret et appliqué.

Certains coachs avec qui je travaille ont créé des livrets pour permettre à leurs sportifs de noter leurs émotions, sensations. Cela permet de marquer une temporalité et de marquer une progression concrète.

2. Les chiffres

Je vous invite à mettre des chiffres sur ce que vous faites et aider vos sportifs à faire de même. Un des gros problèmes du sport est que l’on résume quasiment tout à une victoire/une défaite, une médaille d’or. Cela est trop simpliste et réducteur. Ce mindset programme le cerveau à du résultat brut et pousse à oublier tout le travail et les sacrifices qui a ont été fait en amont. Introduisez donc les chiffres dans le quotidien de vos sportifs ! 

Par exemple, demandez leur à l’entraînement la question suivante : « Entre 0 et 10, à combien êtes-vous concentrés ? »

Permettez leurs de s’accrocher à du concret et ainsi gagner en lucidité.

3. Déterminez le profil psychologique de vos sportifs

Pour cela, nous vous conseillons d’utiliser le questionnaire de profil psychologique du sportif (QPPS). Il permet de mesurer rapidement (10 à 20 minutes) tout le profil mental de vos joueurs. Ces tests vous permettront alors de mieux comprendre comment fonctionnent vos athlètes et ainsi vous adapter et les accompagner dans un travail approprié. Enfin, faites leurs passer le test après quelque temps et observez les évolutions et adapter en vos séances en fonction. 

Personnellement, je ne lance jamais un suivi sans ce test. J’ai besoin de chiffres au départ et de connaître son profil psychologique :

  • Pour mieux le comprendre
  • Pour l’aider à mieux se comprendre 
  • Adapter mon protocole et les outils 
  • Être capable de quantifier la progression tout au long du travail mental

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4. Parler d’ambitions et non pas d’objectifs

Cette astuce a beaucoup de sens et d’intérêt d’un point de vue pédagogique. Parler d’ambition à l’avantage d’amener une dose de rêve et ainsi de permettre au sportif de viser plus loin que simplement une saison, une compétition. Vous pourrez ainsi sortir d’un schéma victoire vs défaite, médaille d’or vs médaille en chocolat. 

5. Travailler le goût de l’effort

Si je devais vous conseiller une seule dimension à travailler avec vos sportifs en préparation mentale, je vous dirais le goût de l’effort ! Et surtout avec les jeunes.

C’est une notion clé avec un fort pouvoir éducatif et votre objectif est de leur apprendre comment travailler le goût de l’effort. 

Ils ne savent pas le faire car l’écosystème dans lequel ils sont n’est pas centré sur cette notion. 

À l’école, on leur apprend à avoir de bonnes notes, un bon bulletin ou de faire plaisir au prof. On ne leur apprend pas comment réviser, apprendre ses cours, mettre en lien différents concepts et du sens dans les différentes matières enseignées. 

Dans le sport, c’est la même chose. On le résume beaucoup à la défaite ou la victoire. On oublie cette notion. Les jeunes ont souvent ce problème. Si l’adversaire semble trop fort ou plus talentueux, le match est déjà quasiment perdu d’avance car ils n’ont pas appris à se dépasser et à aller chercher le maximum, quoi qu’il arrive.

Votre objectif est de le répéter TOUT LE TEMPS ! Ils vont ainsi découvrir que cette notion leur sera indispensable pour progresser au quotidien à l’entraînement ou dans la vie en général. 

Mais attention, cela vous obligera à travailler de votre côté sur le climat motivationnel ! C’est-à-dire le climat de motivation que vous instaurez dans vos entraînements. Si vous ne parlez que de réussite, de gagne, de temps, de buts marqués, de classements, vous allez alors mettre en place un climat centré sur le résultat. Or, nous savons que ce qui marche le mieux d’un point de vue motivation c’est tout le contraire. Le plus efficace est de mettre en avant le geste, la tâche, le goût de l’effort, la transpiration. 

En bref, si vous souhaitez vous centrer sur cette notion de dépassement, attention à votre discours motivationnel ! 

 

6. La méditation

Lorsque j’ai commencé à méditer, ça a tout changé. Et pourtant, j’étais très sceptique sur les bienfaits au départ. À force de pratiquer régulièrement (la régularité, c’est la clé!), je suis devenu plus calme et beaucoup moins anxieux. Ça me permet d’être plus lucide dans mes réflexions. 

Et pourtant, on parle d’une méthode vieille comme le temps et simple d’application. 

Lorsque j’intègre la méditation chez mes sportifs, ça a un impact rapidement. Ils perdent très vite en cogitation et donc en stress. Ils sont donc plus en confiance ! 

Mais il n’y a rien de miraculeux. Trois séances en 3 mois ne changeront pas grand-chose. Il vous faut implémenter une vraie routine et que vos sportifs soient impliqués pour que ça marche.

Donc la méditation, c’est très cool. Et en plus, ça, c’est ludique à faire, notamment la pleine conscience. C’est une forme de méditation assez simple d’approche, laïque, je dirais très vulgarisé et facilement accessible.

Pour ceux qui ne connaissent rien du tout, je vous conseille de méditer cinq minutes, par exemple, en tout début d’entraînement ou à la fin d’une séance de relaxation méditation ça sera une très bonne introduction pour vos sportifs à un travail cognitif et donc à avoir un entraînement beaucoup plus diversifié.

Ils vont au début un peu râler parce qu’on sort un peu du cadre habituel de l’entraînement, mais sur le moyen et long terme, c’est extrêmement intéressant.

7. Vous taire

Je m’explique !

Je vous encourage à jouer et à vous amuser.

Être des entraîneurs comédien, c’est-à-dire avoir différentes postures, différentes statures à l’entraînement, être des fois là un coach un peu virulent, limite agressif ou très très présent. Être des fois un coach qui parle pas du tout, qui se tait pendant 1 h. Être un coach qui donne juste deux ou trois consignes. 

Faites ce que vous voulez mais soyez comédien à l’entraînement, apprenez à jouer déjà pour vous différents rôles et différents types de leadership ou d’entraînement.

Et surtout, mettez vos sportifs face à ces différents comportements là. Apprenez leur à faire face à différents types d’entraîneurs même si ce n’est que vous, pour qu’ils apprennent du coup à anticiper les différents coaches et qu’ils s’habituent, qu’ils deviennent agiles mentalement et beaucoup plus flexibles.

Je vous encourage donc à changer des passages et à vous apprendre à vous taire pour aussi des fois, mieux écouter ce que les gamins ou les moins jeunes pensent. Vous allez voir ça, ça change le rapport que vous allez avoir avec eux, juste avec ça.

Et en plus, ce sera très ludique. Pour vous et pour eux.

8. Trouver votre position de confiance

C’est la technique en matière de reboost après trois défaites ou quand il y a des soucis à l’entraînement, bref, vous allez l’utiliser quand rien ne va et que votre confiance se détériore.

Je l’appelle la technique des pieds sur le bureau. Sur votre bureau, je m’explique.

C’est la technique pour vous permettre de reprendre confiance en vous. L’objectif est de trouver la position où vous vous sentez fort ou rien ne peut vous arriver et personne ne peut vous déranger.

Et c’est là que vous êtes dans votre environnement et vous êtes parfaitement à l’aise. Ma position, c’est celle des pieds sur le bureau. Et quand je suis comme ça, je suis dans ma bulle et personne ne me dérange.

Trouvez votre position pour commencer et mettez-vous dans cette position qui vous  permettra, avant un match important, de reprendre un gain de confiance.

9. Classez les problèmes

J’adore cette astuce-là.

Elle m’a été transmise par un de mes patients, un entrepreneur qui employait beaucoup de personnes entreprises avec un gros chiffre d’affaires, qui m’a dit : « Vous savez, il y a trois types de problèmes dans la vie. »

Il y a des problèmes de niveau un, deux et trois.

Et quand vous êtes en stress ou vous avez des problèmes devant vous, vous devez apprendre à vous décentrer des problèmes. Vous devez apprendre à relativiser les problèmes.

Un problème de niveau un, c’est une défaite, une contrariété. Quelqu’un qui vous agace au travail. Un truc qui se passe mal, une petite grippe. Bref, des choses qui vous amènent du stress, un petit bout de contrariété. C’est perturbant, mais ça reste un petit problème qui, dans 1 h, sera résolu ou qui ne va pas avoir des conséquences sur vous à moyen et long terme.

Un problème de niveau deux, c’est un problème un peu plus conséquent.

Parce qu’il est :

  • soit très répétitif, donc la répétition du stress que ça amène, de la colère, ça vous fait monter un peu en émotions négatives, ça devient très présent. Donc s’accapare beaucoup l’esprit et ça commence un peu à travailler le corps et ça devient un problème véritablement compliqué.
  • Ou c’est une grosse déception, un gros coup dur une grosse perte d’argent, un accident peut être une maladie un peu plus conséquente.

En bref, des choses qui vont avoir vraiment des conséquences sur vous à moyen terme, sur lesquelles vous avez encore un peu de contrôle et la main. Donc ces problèmes demandent un peu de stratégie, de mise en place, de structuration mentale pour en sortir.

Et au niveau trois et bien c’est tout ce qui va avoir vraiment des conséquences à très long terme.

La mort ou un gros, gros, gros, gros, gros problème d’argent. Les périodes de crise économique extrêmement importante, des conflits ou des soucis qui vraiment sont très très importants et qui nuisent vraiment à votre qualité de vie au quotidien, à votre sécurité et à votre bien-être personnel, corporel et familial.

Donc, si vous prenez bien ce classement-là en étant justes et lucides dans  leur catégorisation, vous verrez que tous les problèmes de l’entrainement, avec le président et je ne sais quoi. En fait, c’est du niveau 1 tout de suite et avec ça on décontextualise le problème et on relativise tranquillement la situation.

10. L’imperfection

Il est très important pour vous et pour les gens avec qui vous travaillez, que vous entraînez, que vous soyez dans une démarche d’imperfection.

Alors je ne dis pas de se laisser aller et de lâcher prise totalement. Mais il faut accepter de ne pas être parfait, pour déjà perdre en anxiété et perdre en niveau de stress.

Lorsque vous acceptez, ça, vous l’acceptez aussi chez les autres. Du coup, chez les autres, vous acceptez que vos joueurs fassent des erreurs, oubli des choses, arrivent en retard à l’entraînement, des points ou des matchs faciles parce que chacun a le droit à l’erreur.

Il faut toujours s’accorder une petite dose d’imperfection. C’est une notion en psychologie qu’on aborde beaucoup dans le lâcher prise.

Parce qu’il y a des profils, notamment les très anxieux, qui cherchent à tout anticiper et tout contrôler. Et qui recherchent tout le temps la perfection et c’est peiné perdue, mais ils essayent. Et quand ils acceptent de ne plus être dans la démarche de perfection ou de recherche d’absolu tout le temps, tranquillement, ils perdent de 3 points de stress au quotidien.

Donc vous, en tant que coach, apprenez à être imparfaits. Alors là, je vous le dis en mode un peu philosophico théorique. Mais ça demande de travailler vraiment par différents exercices, mais c’est au moins bon de le savoir. Et quand vous l’aurez compris, et j’espère du coup, mis en application vendez aux joueurs dans votre climat de motivation et dans votre ambiance d’équipe, la notion d’imperfection qui permet de casser aussi un peu des barrières et de déstabiliser  l’ensemble et d’amener une sorte de décontraction et de cool dans l’entraînement.

A propos de l'auteur

Docteur en psychologie, spécialisé en psychologie du sport et de la santé. Il est notamment l’auteur de « Préparation mentale du sportif » (2017) et « Le bien-être ça se travaille » (2018) aux Editions Vigot. Son approche, basée sur les principes de la Mindfulness et de l’intelligence émotionnelle, propose à chacun d’apprendre à mieux gérer son stress et ses émotions.