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Pourquoi faire de la préparation mentale en équitation ?

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La préparation mentale en équitation

Je mets de côté aujourd’hui ma neutralité de psychologue pour porter mon regard de cavalière (parfois incisif, mais toujours bienveillant) sur nos failles de sportifs, et sur notre milieu, l’équitation !

Pourquoi, selon-moi, nous devrions tous et toutes faire de la préparation mentale en équitation ?

 

Se centrer sur la tâche

La préparation mentale en équitation

D’abord parce que l’équitation, quelle que soit la discipline pratiquée en compétition (CSO, CCE, dressage, attelage, équitation de travail, western, endurance, hunter…) est sacrément ingrate ! De tête, l’équitation est un des seuls sports où l’on gagne sans gloire ! Mais qu’est-ce qu’elle raconte ? Vous allez comprendre ! Je parle de ce fameux, « oui, il gagne beaucoup mais …. t’as vu le crack cheval qu’il a… OU normal avec l’argent qu’elle a mis dans son cheval ….OU on m’a dit qu’il était très créatif pour préparer ses chevaux à la maison !».

Que celui ou celle qui n’a jamais tenu ce type de propos dans le milieu me jette la première pierre. Donc, lorsqu’on commence à performer on est assez vite taxée « d’enfant gâté » ou de « tortionnaire ». En revanche, si tu perds ce n’est jamais la faute de ton cheval ! Ben non, en vrai ce n’est pas de sa faute, il y a le couple que vous formez et tout le système autour. Toujours est-il que pour tenir dans ce contexte en préservant une bonne estime de soi, une motivation saine et du plaisir à concourir, il faut nécessairement travailler sur son mental. Plus particulièrement travailler sur l’orientation de ses objectifs, être axée d’avantage sur la tâche que sur l’ego ! A mon sens, travailler à décentrer ses objectifs de l’ego ont un bénéfice exponentiel en équitation. Pour vous car vous serez sans aucun doute mieux dans vos bottes et très loin de ce que les autres cavaliers peuvent penser de vous car centrer sur bien faire et non pas mieux faire qu’elle. Pour votre cheval car en étant centré sur la tâche vous progresserez techniquement et vous aurez moins de colère dirigée vers votre cheval en cas de contre-performance. Et aussi pour la communauté, car en étant plus centré sur la tâche et moins sur l’ego, vous accepterez plus volontiers que les autres gagnent parce qu’ils sont tout simplement bons, travailleurs, doués… Bref, méritant !

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L’auto-handicap

Ensuite, nous sommes les rois et reines de l’auto-handicap, Ceci n’est pas sans lien avec le contexte décrit plus haut. Nous avons des égos fragiles, Les stratégies d’auto-handicaps permettent de préserver ce qui nous reste d’estime de soi ! Elles consistent à mettre en avant des obstacles à sa propre réussite avant la compétition. Voici un florilège d’exemple d’affirmations que nous mettons parfois en avant en attendant patiemment notre tour d’1minute 30 : « mon cheval est fatigué en ce moment », « cela ne s’est pas bien passé à l’entraînement cette semaine » ; « mon coach n’est pas là» ; «je ne sais vraiment pas ce que je fais là, mon cheval ne passe plus : une combinaison, OU un directionnel, OU un changement de pieds » ; « j’ai oublié le mors que je mets habituellement » ; « le parcours ne convient pas à mon cheval, il est trop jeune, OU il est trop vieux », « j’ai toujours du mal avec ce chef de piste !» « le terrain colle aujourd’hui, non ? etc. Ces comportements correspondent superficiellement à la reconnaissance d’un problème, d’une faiblesse ou d’un déficit, mais en réalité ils permettent de contrôler les implications qu’un échec aurait pour son ego et à augmenter celles d’un succès.

L’estime de soi

La préparation mentale en équitation : l'estime de soi

Si le cavalier réalise une contre-performance, il est plus facile d’associer celle-ci à la mauvaise préparation qu’à un manque de compétences : protection de l’estime de soi. Et si le cavalier réalise une bonne performance : les compétences de l’athlète sont d’autant plus valorisées que ce résultat est obtenu dans des mauvaises conditions : valorisation de l’estime de soi. Dans un premier temps, ces stratégies d’auto-handicap peuvent s’avérer efficaces en termes de gestion du stress, mais dans un deuxième temps, elles se montrent délétères pour la performance et finissent même par devenir elles-mêmes la source principale du stress. De nombreuses recherches ont, en ce sens, montré que l’auto-handicap pouvait avoir les conséquences inverses de celles recherchées. Ces affirmations peuvent devenir envahissantes, des ruminations qui vont faire augmenter votre stress. Elles finissent par devenir des « prophéties auto-réalisatrices » amenant à l’échec. Donc, in fine, une épreuve supplémentaire pour votre ego ! Si vous connaissez ce cercle vicieux, vous avez sans doute observé qu’une petite victoire, ou un classement, vous remet en selle pour quelques temps…jusqu’au prochain échec. Oui, un peu de travail en préparation mentale, ne serait pas du luxe ! Notamment pour acquérir plus de régularité dans vos résultats.

Gestion du stress

Puis, comme on ne peut pas parler de préparation mentale sans parler de gestion du stress. Notez qu’une mauvaise gestion du stress quand on est cavalier, c’est la double peine. que dis-je !!? C’est la quintuple peine ! Cette mauvaise gestion a une incidence sur nous à plusieurs niveaux : émotionnels (peur, appréhension, tristesse…) ; cognitifs (baisse de la motivation et de l’attention) ; relationnels (avec son coach, son entourage) ; Mais également des tensions physiques (musculaires, abdominales.) qui vont inhiber la coordination et engendrer des erreurs techniques. La cerise sur le gâteau, nos chevaux sont « des miroirs émotionnels » ils vous renverront à vos propres tensions, se montreront tendu et peu enclin à performer. Si lors de vos détentes les minutes sont des heures, que lorsque vous pensez « avance » vous tirez et que le petit wrap qui paraissait si léger, est une entrecôte frite en ressenti, n’hésitez pas à vous tourner vers un professionnel.

Conclusion

Pour conclure, si jamais je ne vous ai pas encore convaincu. Quelle cavalier, professionnel ou amateur, pratiquant la compétition, ne connait pas cette sensation, qui dans les instants les plus intenses peut venir chambouler des mois de travail et d’entraînement rigoureux. Combien, à un rien de l’arrivée, prenant soudainement conscience d’être à peu de chose près à la remise des prix, « ont fauté » sur le dernier obstacle ou le dernier mouvement !?

La préparation mentale en équitation représente une technique complémentaire d’optimisation de la performance. Le préparateur mental agissant dans une démarche individualisée se doit de répondre avant tout à la demande exprimée par la personne. Néanmoins, trois objectifs paraissent fondamentaux dans une démarche en préparation mentale :

1) améliorer le contrôle émotionnel

2) renforcer la confiance en soi et la motivation

3) favoriser l’apprentissage et l’amélioration des gestes techniques.

Nous traversons une période de transition sans compétitions, beaucoup de professionnels en préparation mentale assurent des suivis à distance (téléconsultations), ne serait-ce donc pas le moment opportun ? Alors je dis ça pour celles et ceux qui se sont reconnus dans quelques-unes de ces lignes… oui nous tous en fait  !