Peut-on parler de préparation mentale sans parler de diététique ?

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Depuis des dizaines d’années des méthodes diététiques “miracles » sont vendues. Grâce aux études réalisées sur ce sujet, on constate aujourd’hui les dégâts sur les organismes ainsi que leur inefficacité à long terme. Mais qu’est-ce qui dysfonctionne véritablement ? Existe-t-il « LA solution » pour la santé et la performance ? Comme l’alimentation Vegan et le régime cétogène qui font beaucoup parler d’eux dernièrement.
En préparation mentale, l’accompagnement se fait grâce à des techniques ajustées au quotidien de la personne. Comment la pratique de la diététique pourrait s’inspirer de la préparation mentale et ainsi inverser le schéma actuel qui pousse les personnes à changer radicalement leur quotidien et habitudes de vie pour intégrer des conseils non personnalisés ?
Diététicienne micro nutritionniste, coach sportif et ancienne sportif de haut niveau, Léa Roussel, vous présente le fruit et la réflexion, nés de ses expériences.

Diététique rime avec grossir

Diététique rime souvent avec régime, mais malheureusement en pratique, régime rime avec grossir. C’est ce que les adeptes des régimes constatent. Mais c’est surtout la conclusion des études scientifiques, comme les travaux de Sandra AAMODT, neurobiologiste américaine. Même les rééquilibrages alimentaires mènent à l’échec, 5 ans après avoir été mis en place.
La plupart du temps, les personnes ne maintiennent pas les habitudes qui ont porté leur fruit initialement. Mais il y a des cas où le changement d’alimentation n’apporte aucun résultat sur le poids, bien que l’état de santé soit amélioré (diminution de la fatigue, amélioration du transit, du sommeil, de la concentration, de l’humeur…). Dans les cas de restriction calorique (les personnes mangent moins de calories que ce qu’elles en dépensent), les résultats sont quasi systématiquement positifs et rapides sur la perte de poids mais l’état de santé en est fortement atteint : fatigue, troubles du sommeil, dépression, perte du plaisir… La restriction en calorie induit un apport insuffisant en micronutriments : les vitamines, les minéraux, les acides gras et acides aminés essentiels. Le corps ne pouvant pas les fabriquer par lui-même, ce manque atteint des fonctions indispensables de l’organisme.

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binge eating disorder

Mais aussi, ces pratiques restrictives amènent à développer des troubles du comportement alimentaire. On parle de « binge eating disorder » : la restriction cognitive. La sensation de privation, psychologique ou physiologique, déclenche des envies de manger irrépressibles voire compulsives. Puis c’est un sentiment de honte et de culpabilité qui fait suite et donne lieu à une reprise renforcée du contrôle alimentaire (de certains aliments ou en quantité). Certaines personnes, sportives ou non, parlent d’une obsession 24h sur 24 pour les aliments, quels qu’ils soient. Même après une reprise normale de l’alimentation, depuis des années voire des dizaines d’années après des restrictions, ils se sentent hantés par ces pensées incontrôlables.

Les neuroscientifiques nous confirment que nous sommes résistants au changement ; que la perte ou la sensation de perte, quelle qu’elles soient, enclenchent un système adaptatif de récupération par l’organisme. Bien que les besoins nutritionnels moyens soient connus, la difficulté reste d’avoir un apport suffisant pour chaque micronutriment et d’intégrer au long court de « bonnes » habitudes alimentaires. Cette alimentation doit être ajustée à notre mode de vie, notre culture, notre environnement, nos activités… tous ces éléments uniques à chacun qui influent sur nos besoins.

les besoins nutritionnels

La diététique est la science de l’hygiène alimentaire et comprend l’ensemble des règles à suivre pour une alimentation équilibrée. Quand on parle d’alimentation équilibrée, on entend très souvent équilibre entre le bon et le mauvais, ou entre ingestion alimentaire et dépense physique. On en revient beaucoup à une représentation binaire, en délaissant l’apport indispensable de tous les micronutriments par l’alimentation. En effet, il est beaucoup plus simple de déclarer un aliment bon ou mauvais, que d’intégrer la complexité des besoins nutritionnels. Ceux-ci dépendent du fonctionnement biochimique de notre organisme.

Des études scientifiques sur la population française ont permis de calculer les besoins nutritionnels moyens selon l’âge, la taille, le poids, le sexe, l’activité quotidienne de la personne. L’équilibre alimentaire habituellement préconisé donne des fréquences de consommation par famille d’aliments. Suivre ces recommandations, ainsi que varier les aliments au sein de chaque famille, permet de couvrir les besoins théoriques. L’application à la lettre de ces besoins nutritionnels n’apporte pas les résultats attendus, tant les besoins varient d’une personne, et d’un jour à l’autre. Aussi, l’application mathématique de la diététique, par la pesée des aliments, est contraignante sur le plan organisationnel et mental. Elle induit des impressions de restriction et de contrôle.

Il est vrai que l’on ne peut pas résumer facilement tous les besoins, tant les interactions biochimiques sont nombreuses. Les micronutriments sont les outils qui permettent de faire fonctionner notre organisme. Il y a des besoins qualitatifs et quantitatifs. Certains besoins en un nutriment dépendent de la quantité disponible d’un autre, car c’est également une question d’équilibre entre tous.

En réalité, les besoins en énergie (les calories) sont difficiles à évaluer pour une personne, au jour le jour.

Rééquilibrage alimentaire

Dorénavant, dans les maternités la tendance vient à laisser le nourrisson gérer ses quantités ingérées, et cela porte ses fruits. On part donc du principe, qu’à la naissance, le bébé connait et ressent ses besoins alimentaires en temps réel. L’adulte, avec l’application des principes de son éducation, en a perdu son instinct, tout comme les animaux domestiqués. Mais l’homme a des capacités mentales bien plus développées que les animaux et peut donc « ré-apprendre » à écouter son instinct en déconstruisant ce qu’il a appris comme : « finis ton assiette ! », « tu ne vas quand même pas laisser ce petit bout de pain », « les bonbons c’est pour les enfants », « les féculents le soir font grossir » … Toutes ces croyances, résultant du vécu de nos ancêtres ainsi que du marketing, ne sont pas appropriés à nos besoins actuels.

Un rééquilibrage alimentaire, dans le but d’améliorer sa santé ou sa performance, nécessite de réapprivoiser son corps et de savoir gérer ses émotions quotidiennes.

Les marathoniens atteignent leur pic de performance à la quarantaine alors que leurs capacités physiques sont à leur apogée à la vingtaine. C’est grâce à leur expérience personnelle qu’ils optimisent la gestion de leur rythme physique, leur hydratation et leur alimentation, à l’instant présent. Certains décrivent très bien des états de pleine conscience dans leur pratique sportive.

Méditation et diététique

La méditation et le manger en pleine conscience ont des vertus thérapeutiques sur le mental. Par la connexion au corps, ces pratiques permettent aussi à l’adulte de reprendre la gestion de sa satiété. Finalement, cette gestion permet une régulation des apports caloriques plus précise que les calculs diététiques, sans sensation de privation.

Les envies de manger peuvent être une résultante :

– d’un besoin physiologique : en énergie, les calories, ou en un aliment spécifique qui est source de micronutriments particuliers

– d’un besoin psychologique : le plaisir gustatif ou le réconfort

Lorsque le corps a déjà eu l’expérience d’une diététique équilibrée, que la personne est « connectée » à son corps, l’instinct guide vers un équilibre alimentaire similaire à celui préconisé. Aussi, quand les émotions et le plaisir peuvent être réconfortées et assouvis autrement que par l’acte de manger, l’instinct guide vers des envies de manger qui n’entacheront pas les besoins physiologiques. Par exemple, si l’envie d’un burger survient un mardi soir, il sera plus profitable de le manger à ce moment-là, plutôt que d’attendre le dimanche midi, où vous n’avez pas faim.

Ainsi, les sportifs contraints pas des catégories de poids peuvent gérer leur alimentation de façon « instinctive » comme le font les marathoniens. On peut ainsi éviter les déboires des troubles du comportement alimentaire et phénomènes yoyo chez ces sportifs.

 

Auteur : Ancienne sportive internationale, Léa Roussel est diététicienne nutritionniste et coach sportif diplômée d’état. Elle a aussi validé de multiples formations en micronutrition, phytothérapie et physiologie du sport. Grâce à ce large champ d’expertise, ses conseils bienveillants et sur mesure vous permettront d’avoir une amélioration de votre qualité de vie à long terme, sans frustration.

Elle intervient également dans différentes structures en tant que conseillère, formatrice ou éducatrice.

Site web : lea-nutrition-sport.fr