Mes 5 meilleures astuces pour réduire l’ego

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Vous trouverez dans cet article 5 astuces et outils adaptables et réutilisables sous forme d’exercices ou de challenges qui vous permettront de travailler sur votre ego au quotidien. 

Trottinette ou 4×4 ?

Le premier travail à entreprendre si vous voulez réduire votre ego consiste à savoir exactement d’où il vient. Nous avons vu dans l’article précédent qu’il existait plusieurs sources de l’ego. Celui-ci pouvait être génétique, plus construit socialement, en lien avec votre profil psychologique, votre vie familiale ou vos événements de vie. 

1. Les variations de l’ego

Pour commencer, réfléchissez à l’évolution de votre ego. Il y a fort à parier qu’il n’a pas toujours été celui qu’il est aujourd’hui. Le temps a pu s’accroître ou le faire rétrécir. 

 

Pour cela complétez le questionnaire d’ego ci dessous :

Cotation : pour pouvoir évaluer votre ego, il vous suffit de compter chaque point par réponse (ex. : si vous avez répondu 4 à la première question, alors comptez 4).

Puis additionnez l’ensemble des dix réponses. Enfin, divisez le tout par 10. Vous allez ainsi obtenir un score allant potentiellement de 1 à 10. Plus votre score se rapproche de 10, plus cela signifie que votre ego est important.

Quel score avez-vous obtenu au questionnaire d’ego sur une échelle de 1 à 10 ?

Puis essayez maintenant d’évaluer sa variation au fil des années.

 2. L’instant présent

Le plus grand ennemi de l’ego, c’est l’instant présent. Dans son très célèbre ouvrage, Le Pouvoir du moment présent, Eckhart Tolle explique ce principe sous toutes ses coutures. Pour réduire son ego, il faut donc trouver des « outils » qui vous permettent de vous reconnecter à l’instant présent. L’outil que nous connaissons actuellement, accepté comme le plus efficace,  est la méditation. Méditer « Méditation » est un terme que l’on retrouve dans la plupart des cultures occidentales, orientales et religieuses. Dans la tradition occidentale, il renvoie essentiellement à l’action de penser à quelque chose avec une grande attention. C’est penser intensément à un problème pour aboutir à une réflexion. En quelque sorte, méditer se rapproche du terme philosopher ou de « cogitum ». Dans la tradition catholique, méditer est également un exercice qui amène à la contemplation ou à une forme d’écrit religieux. Dans le bouddhisme, la méditation est LA pratique permettant l’atteinte du nirvana. D’ailleurs, le mot le plus proche pour « méditation » dans les langues classiques du bouddhisme est bhāvanā, qui signifie « développement mental ». Pour les bouddhistes, méditer consiste généralement à porter une attention sur un certain objet, sur ses pensées (c’est le principe de métacognition en psychologie, le fait de penser à ses pensées), sur ses émotions ou sur le corps. C’est cette approche de la méditation qui va particulièrement nous intéresser ici, ou du moins sa version laïque, que l’on appelle la « pleine conscience ».

La pleine conscience (mindfulness en anglais) est un état de conscience pendant lequel l’attention est ancrée sur l’instant présent de façon calme, lucide et objective.

Je demande souvent aux patients qui viennent me voir s’ils ont déjà médité. Certains oui, d’autres ont pratiqué la sophrologie ou la relaxation, et d’autres déclarent n’avoir jamais médité. En fait, tout le monde a déjà médité ! Nous faisons tous l’expérience de la pleine conscience au quotidien, le plus souvent de manière furtive et non recherchée : lorsque nous nous baladons dans les bois, devant le feu hypnotique d’une cheminée, sur une planche de surf ou juste lorsque nous conduisons. La pratique de la méditation de pleine conscience est simplement un moyen d’augmenter ce temps d’attention pleine et entière sur l’instant présent, en connexion avec l’environnement ou son propre corps. Il s’agit d’un entraînement de l’esprit pour se libérer du flot de pensées, en se concentrant sur le moment présent plus longtemps et plus profondément. 

De cette façon, lorsque vous commencez à méditer, vous vous rendez rapidement compte que votre esprit est constamment en train de « penser » au passé et au futur. Il ressasse ce que vous avez raté, ce qui ne s’est pas passé comme prévu ou que cette présentation n’a pas été exécutée parfaitement. L’esprit vous embarque aussi vers le futur parce qu’il a un besoin irrépressible de tout anticiper pour garder la maîtrise. De la sorte, vous n’êtes que rarement dans le présent. La méditation de pleine conscience est donc simplement un entraînement à l’instant présent. Historiquement, la pratique de la méditation a beaucoup évolué. Elle a connu son heure de gloire avec le bouddhisme, puis elle s’est un peu perdue, y compris dans les pays asiatiques où sa pratique est souvent réservée aux religieux. 

Méditer, c’est bon pour l’ego. 

L’agitation dans laquelle nous vivons aujourd’hui, avec nos impératifs professionnels, personnels, nos modes de vie urbanisés et surtout la connexion à tout un tas d’écrans et d’appareils, fait que notre cerveau perd encore un peu plus sa capacité d’instant présent. Il devient vital de retrouver des activités qui permettent de calmer le flux des pensées et l’agitation émotionnelle. 

En outre, méditer est très simple. Nul besoin d’accessoires. Il suffit de s’asseoir sur une chaise, par terre, vous pouvez même pratiquer allongé. Pour les débutants, une séance dure entre deux et dix minutes. Les méditants plus confirmés réalisent des séances plus longues de vingt minutes jusqu’à une heure. Ils y consacrent aussi des journées entières. Mais ce n’est pas le propos ici. Restons sur les principes et l’application simple de la méditation. Il suffit juste de s’accorder du temps dans le quotidien. S’arrêter dix minutes par jour et poser son attention sur le souffle ou une partie du corps bien précise. Dix minutes, ce n’est pas la mer à boire. Mais on a tous un rythme effréné. Et on ne change pas nos petites habitudes si facilement. Je compte quand même sur vous pour « trouver le temps ».

Webinar - 20 avril à 18H

Kylian Mbappé - Pourquoi son mental est-il hors du commun ?

Dans ce webinar, nous analyserons le profil de Kylian Mbappé. Suite à l'interview consacrée à RMC Sport sur sa personnalité, son plan de carrière, ses ambitions, beaucoup de choses intéressantes sont à relever. Animé par Anthony Mette Dr en psychologie, une grande partie du webinar sera consacrée à répondre à vos interrogations et à décrypter cette interview.

3. Dire oui !

Une des principales difficultés avec la méditation, est que cela nécessite de la répétition. Ne vous attendez pas à ressentir les bénéfices de la méditation au bout de trois séances. Diminuer son ego, ressentir une sensation de calme intérieur, de tranquillité, nécessite plus de pratique. Comptez un mois de méditation quotidienne, pour commencer à comprendre « comment ça marche » et peut-être deux à trois mois pour en ressentir tous les bénéfices. C’est un véritable entraînement. Alors pour vous permettre d’avancer un peu plus vite, je vous ai préparé  des exercices, à pratiquer dès maintenant.

Les bonnes manières

Commençons par un peu de politesse. Les bonnes manières sont des techniques très appréciées des commerciaux et des négociateurs. Dans toutes les techniques de manipulation, il est fortement recommandé de mettre son ego de côté. L’ego est caméléon. C’est en quelque sorte ce que l’on vous demande de faire en société. On vous demande de mettre votre ego de côté pour le bien de tous. Même s’il déborde, qu’il a envie de réagir immédiatement, de répliquer, apprenez à le mettre de côté pendant quelques instants.

Exercice : dire oui !

Pendant toute une journée, essayez de ne pas apporter de contradiction à vos interlocuteurs. Simplement, dites « Oui », « D’accord ». Même si intérieurement cela vous coûte, essayez de jouer le jeu de la non-contradiction. Votre ego va s’agiter pendant quelques instants. Il vous dira « Mais ce n’est pas la bonne façon de faire », « Je suis sûr d’avoir raison », « Il ne comprend vraiment rien », etc. Peu importe ! Il ne s’agit que d’un exercice. Vous allez y survivre ! Et si vous pensez vraiment avoir raison, vous pourrez toujours en informer votre interlocuteur le lendemain. Ou peut-être mieux, il s’en rendra compte et vous proposera de faire autrement. Mots et expressions à éviter pendant une journée : « oui, mais », « je ne suis pas d’accord », « à mon avis », « mais », « je pense que », « moi je ».

4. « Moi, je.. »

« Moi, je pense que… », « Moi, je serais d’avis que… », etc. Vous connaissez sûrement ces personnes qui ne peuvent pas entamer leurs discussions sans commencer par « Moi, je ». Et vous vous dîtes certainement qu’elles sont égocentriques ou narcissiques. Mais attention, ce pourrait être l’inverse. Des chercheurs américains viennent ainsi de montrer que ce tic verbal est plus un signe de détresse émotionnelle que de narcissisme. Plus les sujets de l’expérience avaient tendance à exprimer « Je », « Moi » ou « Mon », plus l’instabilité émotionnelle et les symptômes dépressifs étaient grands. Nous en revenons donc aux causes et à l’intérêt de l’ego. Il est certainement déclenché suite à une souffrance mentale et se maintient pour rester à flot. Mais attention à ne pas abuser des « Moi je », car à long terme, leur intérêt semble limité.

Exercice : le nombre de MOI

Dans une journée, essayez de compter le nombre de fois où vous dites « moi » et écrivez-le : ….. fois.

Exercice : UN débat, des questions

Lors du prochain débat avec des amis, ou même au travail, essayez de n’émettre aucun avis personnel. Ne posez que des questions qui vous permettront d’enrichir le débat, la réflexion de vos amis et donc votre compréhension du problème. (Si vous pratiquez cet exercice au travail, vous pouvez tout de même répondre aux questions de vos supérieurs hiérarchiques mais en vous en tenant aux faits. Toujours pas de véritable avis personnel. Essayez les : « Je vais réfléchir à la question », « Pouvez-vous me laisser 24 heures de réflexion ? » et « Si je me réfère au livre de compte… »).

5. Apprendre une discipline

Dans son ouvrage Frappe le ciel, écoute le bruit, Fabrice Midal évoque tout l’intérêt qu’a eu pour lui l’apprentissage de l’art floral japonais (ikebana) et du tir à l’arc (kyūdō). Ces disciplines, qui s’assimilent à des pratiques artistiques et sportives, peuvent apparaître comme très différentes dans un premier temps. Or, elles ne font qu’un. Culturellement et historiquement, elles sont liées à la formation du samouraï, comme l’art de la cérémonie du thé ou du haïku (courts poèmes en trois vers).

Dans une certaine mesure, notre tradition éducative occidentale est une forme de « discipline ». L’école et la transmission de l’enseignement peuvent être perçues comme des disciplines, à défaut de nous apprendre à être discipliné. Il est regrettable que plus grand monde ne s’épanouisse dans notre système éducatif aujourd’hui – l’école étant pensée pour les plus « sages » et ceux qui peuvent stocker le plus grand nombre d’informations dans leur mémoire. 

Bien évidemment, vous m’objecterez que cette distinction est un peu caricaturale, dichotomique. Il est vrai ! Mais elle a l’avantage d’être facilement compréhensible. Elle « touche » la conception que nous avons tous à l’intérieur de nous de ce qui est bien ou mal. De qui fait le bien ou qui fait le mal. De plus, ce n’est pas votre positionnement sur l’une ou l’autre des parties de la flèche mais plutôt les solutions que l’on peut élaborer pour aller vers la partie qui vous convient le mieux.

En somme, nous nous positionnons tous dans une zone proche du centre (la fameuse norme ou normalité). Nos faits de vie, nos choix et nos gênes nous font pencher plus d’un côté que de l’autre. J’attire donc votre attention dès à présent, sur ce que vous allez faire pour aller du côté éclairé de la force. Celui où il y a moins d’ego, moins de colère et moins de peur. 

Mais rassurez-vous, vous trouverez en occident d’autres formes d’art qui ressemblent aux arts japonais : les arts équestres, l’escrime, la danse, la musique, le cirque, l’écriture, la philosophie. 

Mieux encore, toutes les activités sportives et culturelles peuvent être assimilées à une forme d’art. Ce sont des disciplines à part entière. Et c’est vous, votre rigueur et votre persévérance qui feront que vous atteindrez le meilleur de vous-même et peut-être le « beau ». Car il y a une forme d’esthétisme et d’aboutissement dans un geste parfaitement réalisé.

Alors commencez dès à présent !

Exercice : Réfléchissez aux disciplines que vous aimeriez apprendre et notez les.

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A propos de l'auteur

Docteur en psychologie, spécialisé en psychologie du sport et de la santé. Il est notamment l’auteur de « Préparation mentale du sportif » (2017) et « Le bien-être ça se travaille » (2018) aux Editions Vigot. Son approche, basée sur les principes de la Mindfulness et de l’intelligence émotionnelle, propose à chacun d’apprendre à mieux gérer son stress et ses émotions.
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